06:56:13 mercredi, 20 novembre 2019

Le cœur de l’économie des Canaries est centré sur l’industrie touristique, qui représente jusqu’à 80 % du revenu brut de l’archipel. Avec l’un des climats les plus favorables au monde, les Canaries attirent des millions de touristes chaque année. En outre, les locaux dépendent de l'industrie de la banane, d’autres exportations agricoles et de nouveaux services associés au tourisme.

Au cours des siècles qui suivirent la conquête espagnole, les piliers de l’économie des Canaries étaient la production de sucre et celle du vin. La production de sucre de l’île a commencé juste après la conquête, avec la canne à sucre importée de Madère. Elle a décliné au milieu du XVIe siècle, en raison de la forte concurrence du Brésil et des Caraïbes, qui pouvaient produire du sucre à bien moindre coût. La production de vin, qui a connu son âge d’or au XVIe siècle, s’est effondrée au début du XVIIIe siècle à cause d’une invasion de sauterelles et d’attaques de mildiou, qui détruisirent les vignes. Depuis, toutefois, elle a repris vie, avec les vins de la Grande Canarie, de Lanzarote, de La Palma et de Ténérife qui sont de plus en plus appréciés.

De 1830 à 1870, alors que la demande en colorants alimentaires carmins grandissait, la production de cochenilles explosa dans les îles, promettant un avenir plus clément, en particulier pour les populations les plus pauvres. Une fois encore, ce rêve ne dura pas très longtemps. Le développement des colorants synthétiques eut un impact considérable, causant le déclin de l’industrie des colorants.

Cependant, l’économie de l’archipel fut sauvée aux environs de 1850, avec l’introduction de la culture industrielle de la banane sur les îles. Cette culture gagna progressivement en importance, les bananes devenant le principal produit d’exportation des îles, et elle atteignit son pic au début du XXe siècle. De nouveau, il y eut une forte concurrence issue des exportations étrangères, cette fois des pays d’Amérique latine. La survie basée sur l’exportation de bananes seules étaient sans espoir, et les fermiers locaux durent se diversifier en cultivant des tomates, des pommes de terre et d'autres légumes et fruits exotiques.

Aujourd’hui, les bananes vendues sur le marché espagnol sont protégées des fournisseurs étrangers, mais leur culture n'est plus rentable, en raison des frais élevés que celle-ci entraîne et du manque d'eau. Les tomates sont cultivées à grande échelle, principalement pour les exportations entre novembre et avril. Au cours des récentes années, la culture des fleurs et des plantes pour l’exportation s'est également développée, pour devenir une industrie florissante.